Etats de l’inconscient dans le récit fantastique 1800-1900 PDF

Tableau Le Cauchemar de Füssli, 1802, présentant une femme étalée sur son lit, un démon sur elle et une jument spectrale au fond. Velu, hirsute etats de l’inconscient dans le récit fantastique 1800-1900 PDF souvent représenté comme possédant des pieds de bouc.


Y aurait-il encore quelque chose à dire sur le fantastique ? L’interprétation proposée ici envisage l’émergence, dans le récit fantastique du XIXe siècle, de la dimension de l’inconscient. Mais elle  » accorde la priorité historique à l’émergence du concept d’inconscient dans le champ de la littérature, non plus antique et classique, mais moderne : celle du XIXe siècle « . L’auteur y montre comment le récit fantastique peut s’interpréter de la façon dont on interprète les songes, et comment on peut justifier cette lecture en s’appuyant sur les théories freudiennes de L’inconscient, qui ne verront le jour qu’à la fin du siècle. On y verra sous quelles formes l’inconscient se manifeste à l’homme du XIXe siècle, et en quoi on est fondé à parler d’émergence d’un genre nouveau, chargé de formaliser les débats du temps sur un concept qui n’existe encore que d’une façon très vague et très controversée : l’inconscient. Enfin cette émergence invite, après coup, à une relecture, dans la même optique psychanalytique, des contes merveilleux de la tradition, dont le récit fantastique tait non seulement une réécriture, mais une interprétation.

Le démon incube pèse sur la poitrine de sa victime endormie et peut même l’étouffer. Son équivalent féminin est le succube. La civilisation mésopotamienne le connaît sous le nom Lilū, mais c’est dans la Grèce antique que l’ éphialtès  est perçu pour être un démon qui s’attaque au dormeur. Les médecins grecs en font un être indissociable du phénomène cauchemardesque.

Jean Wier et Scipion Dupleix participent à faire passer le phénomène du domaine religieux au domaine médical, puis à la psychiatrie naissante. D’une connotation sexuelle très forte, les récits d’attaques d’incubes, véhiculés par la littérature, sont teintés d’une ambivalence à l’égard des sentiments de la victime. Tantôt plaisants, ils peuvent se transformer en cauchemar. Symboliques, psychanalytiques ou physiologiques, les causes des apparitions d’incubes tiennent à la fois de l’imaginaire et du médical. Lié fortement au cauchemar, l’incube est l’un des démons les moins représentés par l’iconographie.

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