Histoire de la révolution numérique: Jeux vidéo – Internet – Smartphones – Robots PDF

Elargir l’accès à l’internet, le rendre abordable pour tous est assurément une initiative louable. C’est en histoire de la révolution numérique: Jeux vidéo – Internet – Smartphones – Robots PDF cas celle que vient de lancer Internet. Facebook, Samsung, Ericsson, Nokia, Opera, Qualcomm et Mediatek.


Difficile d’imaginer comment notre vie serait différente si la révolution numérique n’avait pas eu lieu. Ce livre permet de faire connaissance avec les acteurs de cette révolution (Bill Gates, Mark Zuckerberg, Steve Jobs et bien d’autres), de découvrir l’histoire de ces marques qui font partie de nos vies (Apple, Google, Facebook, Nintendo, etc.), de comprendre les technologies qui se cachent derrière tous ces objets du quotidien (consoles, ordinateurs portables, robots, etc.)

Effectivement, tout consommateur de services de l’internet mobile ne peut que souscrire à cette perspective. Tout le monde semble souscrire également à l’élargissement de la connectivité à l’humanité tout entière. Pourtant, à bien y regarder, ces objectifs que nous avons tous largement intégrés, que nous ne questionnons plus, ne sont pourtant pas sans ambiguïtés. The Atlantic, la vidéo promotionnelle qui accompagne cette initiative n’est pas sans équivoques.

Celle-ci utilise en effet des extraits d’un discours du président John Kennedy, savamment coupés et sélectionnés, qui semblent mettre l’accent sur l’importance des communications pour assurer la paix. Or, le discours de Kennedy, prononcé dans une université américaine en juin 1963 y est largement tronqué. La vidéo oublie de rappeler le contexte dans lequel il a été prononcé : la guerre froide, quelques mois après la crise des missiles de Cuba. Aucun grincheux ne peut contester à une industrie de vouloir élargir sa clientèle en proposant des produits meilleurs marchés. Mais cette coalition ne cherche pas seulement à accroître l’efficacité technique et économique de l’internet. Elle suggère également, à un niveau idéologique, que la connectivité signifie la paix et que l’accès à l’internet est synonyme de progrès.

Et peut-être que cela nous semble à tous moins évident aujourd’hui qu’hier, estime Madrigal. Jusqu’à un certain point, cela pouvait avoir du sens d’associer Facebook à la paix. De quel progrès la connectivité est-elle porteuse ? Non, Facebook n’est pas un droit de l’homme ! Mais surtout, la sociologue dénonce un autre mythe de l’internet : le fait que nous puissions tous participer librement une fois que nous sommes connectés. Phil Nichols décortique l’argumentaire de l’initiative en se référant à la critique de mouvement pour l’alphabétisation du début du XXe siècle. Longtemps, l’alphabétisation, comme l’internet aujourd’hui, a été réifiée comme quelque chose ayant une valeur intrinsèque.

Pour Phil Nichols, l’argument principal qu’Internet. De la même façon que ces distinctions ont souvent été utilisées pour renforcer la supériorité des populations alphabétisées sur les autres, on trouve un sens semblable dans la supériorité de la mission d’Internet. Qu’importe si ce raisonnement est réducteur et condescendant et met de côté les obstacles réels qui entravent les chances de pays moins  connectés . Qu’importe si cette faiblesse de connexion est un symptôme plutôt qu’une cause. Diffuser l’alphabétisation c’est donc imposer des valeurs à d’autres cultures. De la même manière, promouvoir la connectivité n’est pas liée au désir des gens de se connecter d’une manière spécifique. Mais ce n’est assurément pas l’objet d’Internet.

Rien ne prouve à ce jour que l’internet apporte la paix, le progrès ou une meilleure qualité de vie. Reste que comme le souligne très bien Claire Cain Miller dans une tribune pour le New York Times,  Dans la Silicon Valley, cette terre de légende où l’on trouve des robots et des voitures sans conducteurs, une conviction profonde motive tout un chacun : si vous le construisez, ils viendront. Comme le disait avec beaucoup d’humour dans une très pertinente fable l’informaticien Laurent Chemla cet été, ou comme le résume très bien Alexis Mons, directeur général délégué d’Emakina et auteur de Marketing et Communication à l’épreuve des foules intelligentes  :  Le numérique nous façonne. La connectivité, les services et produits que nous utilisons, nous transforment. Et le plus souvent c’est cette transformation que nous appelons progrès, quand bien même ses effets ne seraient pas tous positifs, tant s’en faut, comme l’exprimait déjà Jacques Ellul dans le Bluff technologique :  Nous sommes situés dans un univers ambivalent, dans lequel chaque progrès technique accentue la complexité du mélange des éléments positifs et négatifs.

La connectivité, l’accès ne sont pas un outil du progrès, ils sont devenus le progrès lui-même. Pourtant l’internet n’est ni noir ni blanc. Il est à la fois un moyen d’émancipation et un moyen d’assujettissement. Nous le façonnons et il nous façonne. Tout l’enjeu est que cet internet de demain, ce  système technique , demeure suffisamment ouvert, suffisamment divers, suffisamment neutre pour permettre encore un peu d’émancipation et pas seulement notre assujettissement. 37 commentaires à L’internet, un progrès ? Pourquoi relayez-vous ce type de propagande.

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