Holocauste ordinaire : Histoires d’usurpation PDF

Jonathan Littell, paru en août 2006. Le titre Les Bienveillantes renvoie à l’Orestie, d’Eschyle, dans laquelle les Érinyes, déesses vengeresses qui persécutaient les hommes coupables de parricide, se transforment finalement en Euménides apaisées. Le titre Les Bienveillantes renvoie à une tragédie d’Eschyle, Les Euménides. Les Érinyes étaient des divinités vengeresses qui persécutaient les hommes coupables de holocauste ordinaire : Histoires d’usurpation PDF, en particulier d’homicides contre un membre de sa famille.


La France de l’anti-repentance a réservé un accueil triomphal au roman de Jonathan Littell : Les Bienveillantes. Après l’ère des témoins de l’Holocauste qui a su nous donner de grandes œuvres littéraires comme de grands livres d’histoire (Primo Levi, Robert Antelme, Jean Amery, David Boder, Raul Hilberg, Saül Friedländer…), voici venu le temps des bourreaux et des voyeurs. « Ceux qui volent l’Holocauste à ses dépositaires pour en fabriquer des articles de pacotille », selon la terrible accusation du prix Nobel de littérature Imre Kertesz. Ici, le bourreau, homme ordinaire, parle la langue de ses victimes. Il usurpe et détourne sans vergogne les travaux des historiens. Dans cet essai poignant, Pierre-Emmanuel Dauzat dénonce avec une précision implacable la pornographie de la mort et du massacre ainsi que cette volonté destructrice de toujours vouloir « parler à la place de l’autre » afin de mieux l’exclure. Il interroge la part maudite de haine que nous conservons en nous, jusque dans notre culture chrétienne. Notre devoir humain, écrit-il, « est de rendre possible un discours sur les morts des autres qui ne les salissent pas. » Comme ont su le faire, entre autres, les écrivains Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann, Paul Celan, ou les peintres Kiefer, Music et Cerino.

Interrogé sur ce qui l’a incité à écrire un roman sur le massacre des Juifs, Littell évoque la photographie saisissante, découverte en 1989, d’une partisane russe, Zoya Kosmodemianskaya, pendue par les nazis. Juifs pour revêtir une dimension plus universelle. Il fallait ancrer ce récit chez des gens comme nous pour empêcher le lecteur de prendre de la distance. Littell n’est pas le premier qui a écrit de cette façon sur l’Holocauste. Primo Levi, dans ses récits sur Auschwitz et dans ses essais, avait déjà dépeint les horreurs du national-socialisme du point de vue des criminels.

Maximilian Aue qui, des décennies plus tard, se penche sur une période cruciale de sa vie : sa participation aux massacres de masse en tant qu’officier SS, alors qu’il était âgé de vingt-cinq à trente ans. Le récit des horreurs de la guerre nazie suit la chronologie des massacres sur le front de l’Est. Une action des Einsatzgruppen contre les Juifs en Ukraine en 1942. Ligne de front de la bataille de Stalingrad.

La première partie est intitulée  Toccata  : elle constitue une sorte de prologue faustien et expose le projet du narrateur, ex-officier des Einsatzgruppen, et en tant que tel, responsable de crime contre l’humanité, de raconter son histoire. Einsatzgruppen, sur le front de l’Est en Ukraine, en Crimée et en dernier lieu dans le Caucase. La troisième partie,  Courante , est consacrée au siège et à la bataille de Stalingrad, dont Aue réchappe miraculeusement, bien qu’une balle lui ait traversé la tête. Dans la quatrième partie,  Sarabande , Max Aue effectue sa convalescence sur l’île de Usedom, à Berlin et en France. La mère et le beau-père du héros sont assassinés lors de son séjour chez eux à Antibes. Max Aue, affecté au ministère du Reich à l’Intérieur dirigé par Heinrich Himmler, joue un rôle actif dans la gestion illusoire de la  capacité productive  du  réservoir humain  que constituent les prisonniers juifs.

Max Aue dans la propriété de sa sœur et de son beau-frère, en Poméranie, dans une orgie solitaire  bataillienne  de nourriture, d’alcool et d’onanisme. C’est le chapitre le plus onirique du roman, où se dévoilent, de plus, les obsessions sexuelles de Max Aue. En allemand Aue signifie terre le long d’un cours d’eau. Pourquoi ce nom de Max Aue pour mon personnage principal ? J’aime bien l’idée d’un nom sans consonne. Comme tout romancier, je dresse des listes, je collectionne des noms. Mais j’ignorais qu’il y en avait eu un qui fut critique d’art autrefois .

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