L’économie est une science morale PDF

Portrait de Jeremy Bentham peint par Henry William Pickersgill. Portrait de John Stuart Mill peint par George Frederic Watts. John Stuart Mill, réputés pères fondateurs de la doctrine utilitariste. L’économie est une science morale PDF utilitaristes perçoivent donc le gaspillage de bien-être comme une injustice.


En octobre 1998, le prix Nobel d’économie a, pour la première fois, été attribué à un économiste issu du tiers monde et spécialiste internationalement reconnu des questions de développement. Encore mal connu du grand public, Amartya Sen est un économiste inclassable. Philosophe et, par dessus tout, humaniste, il s’est efforcé de montrer que l’analyse économique traditionnelle était incapable de penser la diversité des comportements humains et qu’il était nécessaire d’y introduire des considérations politiques, sociales et, surtout, éthiques. Ses travaux sur la famine et la grande pauvreté l’ont ainsi conduit à s’interroger sur le rapport entre liberté individuelle et égalité sociale, entre démocratie et développement économique ainsi que sur le rôle de l’État dans la redistribution des richesses. Les deux textes rassemblés dans ce livre constituent une introduction à l’œuvre d’Amartya Sen. Le lecteur y découvrira une réflexion vive et stimulante, nourrie d’expériences personnelles et d’exemples concrets, d’un économiste atypique qui, sans cesse, nous rappelle que l’économie est avant tout au service du bien-être de tous.

Autrement dit, une production de bien-être total ou moyen, inférieur au maximum de ce qui est possible, apparaît injuste à leurs yeux. Il convient donc de ne pas réduire le concept d’utilité à son sens courant de moyen en vue d’une fin immédiate donnée. Le terme  utile  au sens utilitariste du terme désigne ce qui contribue à maximiser le bien-être d’une population. C’est en ce sens particulier qu’on peut parler du calcul de l’utilité d’un acte, ou qu’on peut comparer les utilités de différentes actions ou règles. Les conséquences d’une action sont la seule base permettant de juger de la moralité de l’action. L’utilitarisme ne s’intéresse pas à des agents moraux mais à des actions : les qualités morales de l’agent n’interviennent pas dans le calcul de la moralité d’une action.

Il est donc indifférent que l’agent soit généreux, intéressé, ou sadique, ce sont les conséquences de l’acte qui sont morales. L’utilitarisme ne s’intéresse pas non plus au type d’acte : dans des circonstances différentes, un même acte peut être moral ou immoral selon que ses conséquences sont bonnes ou mauvaises. Ce qui est pris en compte dans le calcul est le solde net de bien-être de tous les individus affectés par l’action, indépendamment de la distribution de ce solde. Ce qui compte c’est la quantité globale de bien-être produit, quelle que soit la répartition de cette quantité. Il est dès lors envisageable de sacrifier une minorité, dont le bien-être sera diminué, afin d’augmenter le bien-être général. L’utilitarisme demande de maximiser le bien-être général.

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