L’intrusion balnéaire: Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945) PDF

Une station balnéaire française est une ville littorale aménagée en vue d’une activité principale : le tourisme des  bains de mer . Il convient l’intrusion balnéaire: Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945) PDF distinguer les stations balnéaires qui le sont de fait, aujourd’hui connues comme telles par le grand public, de celles qui sont aussi reconnues et classées en tant que station balnéaire officielle par l’État. Pour cela, ces communes doivent répondre à de nombreux critères, notamment en termes d’équipements de transport, de capacité hôtelière et de qualité de l’environnement. La législation actuelle est regroupée dans les articles L 2231-1 et suivants du Code Général des Collectivités Locales et leurs textes d’application.


Aujourd’hui, le littoral français apparaît, dans sa grande majorité, comme le territoire des vacances, où la visite estivale du touriste permet une intense activité et des profits appréciables. Cependant, l’usage balnéaire du littoral a dû faire face à d’autres interlocuteurs et ne s’est imposé que progressivement. Si, au début, touristes et populations locales se sont côtoyés, les visiteurs commencent, dès le milieu du xixe siècle, à rêver de villes idéales, où tout est fait pour les satisfaire. Les ressources des bourgs, souvent ruraux, ne sont plus suffisantes pour les contenter. Les autochtones, eux, sont partagés entre satisfaction de jouir des avantages sociaux et économiques et crainte de perdre un nouvel avenir. Or, si la station balnéaire peut devenir la première activité de la commune, les populations locales peuvent également préférer soutenir leurs activités traditionnelles en difficulté. Les rapports conflictuels ne doivent pas masquer une nécessaire collaboration, sur le plan de l’image (animations, préservation de l’environnement) et sur le plan pratique (travail saisonnier, mise en place du confort, lutte contre l’érosion littorale). Les luttes municipales révèlent néanmoins un pouvoir à conquérir pour mener à bien ses idées. C’est un siècle et demi de transformations littorales que se propose de suivre cet ouvrage. Au milieu du xxe siècle, les communes des côtes bretonnes et vendéennes ont intégré l’activité balnéaire, avec cette saisonnalité qui hante toujours nos esprits, au point que, l’hiver venu, on peut encore dire : « Il n’y a personne ici, il n’y a plus »

Le classement a pour objectifs de faciliter la fréquentation de la station, de permettre son développement par des travaux d’équipement et d’entretien relatifs, notamment, à la conservation des monuments et des sites et à l’assainissement, d’embellir ou améliorer les conditions d’accès, de séjour ou de circulation. Désormais n’existeront que plus que les  stations classées de tourisme . Ces communes se verront attribuer cette distinction par un décret simple pris pour 12 ans. La rencontre entre les hommes et la mer se faisait par les ports, et les yeux tournés vers l’océan reflétaient surtout la peur de ceux restés à terre. Deux modes vont faire naître l’intérêt pour le littoral : la médecine et l’aventure. L’économie pastorale des rivages de la Méditerranée va s’en trouver définitivement bouleversée : le climat, la beauté des paysages, le casino de Monte-Carlo, la Promenade des Anglais établissant une véritable colonie britannique dans la région niçoise.

Le rivage apparaît comme un site où il est possible d’apprendre des choses primitives de la vie. Considéré jusqu’alors comme un milieu hostile, la vague du Romantisme va renforcer cette perception du beau dans l’océan, aspect qui sera toujours renforcé par les divers mouvements de création artistique, comme l’École de Pont-Aven. Les nouvelles stations vont rencontrer un beau succès, et la tendance va s’accélérer avec les congés payés, à partir de 1936. Certains petits ports de pêche sur le déclin vont, profitant de la tendance, savoir se reconvertir et connaître un développement touristique nouveau.

Dans un même esprit d’aménagement du territoire et de développement touristique, a été mise en place la mission Racine dans les années 1960, consacrée au littoral du Languedoc-Roussillon. Première Guerre mondiale puis la crise économique de 1929 et reprendra après la Seconde Guerre mondiale. De tout temps les hommes se sont fixés en bord de mer, mais ces implantations, résultant d’une lente et progressive installation des populations exploitant la mer, n’ont rien à voir avec le développement des stations balnéaires. Ces dernières se sont répandues sur le littoral français avec une rapidité étonnante et sont, pour nombre d’entre elles, de véritables  villes nouvelles  balnéaires. Article détaillé : La fixation des dunes en Aquitaine. C’est ainsi que la notion moderne de loisir, définie par opposition au  temps du travail  fait son apparition. Parallèlement, le nombre et la nature des stations balnéaires évoluent au rythme de la place croissante qu’occupent les loisirs dans la vie de la société.

Le dernier facteur à considérer est le développement du réseau ferré français, qui, à partir des années 1850, permet à une nouvelle clientèle d’accéder à ces territoires éloignés. L’arrivée du chemin de fer entraîne, en termes de durée des transports, une révolution considérable. Les contraintes physiques apprivoisées, le chemin de fer acheminera sur les plages les premiers  touristes  attirés par ces nouveaux espaces, et surtout détenteurs de capitaux. Article détaillé : Histoire des chemins de fer français. Les éléments de typologie présentés ici ne sont pas exhaustifs et ne permettent pas de caractériser l’ensemble des stations balnéaires, mais ils permettent de dégager de grands principes.

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