Les Medias rwandais toujours au service du pouvoir PDF

Les causes de ce génocide furent multiples: outre l’accumulation de haines entre les castes Hutu et Tutsi au fil des années et l’enchaînement des événements déclencheurs, d’autres causes ou responsabilités, intérieures ou extérieures, ont été évoquées par les différentes commissions d’enquêtes. Une de ces tentatives s’inspire d’une perception endogène de cet événement : la cause du génocide résiderait uniquement dans certain nombre de facteurs inventoriés, dont les Medias rwandais toujours au service du pouvoir PDF principaux seraient une  haine ethnique  et l’attentat déclencheur. L’inspiration du génocide trouve sa source principale dans le retournement politique de 1959 qu’on a appelé  la révolution sociale  et qui a débouché sur la fuite de plusieurs dizaines de milliers de Tutsi, la création de la première République et l’indépendance du Rwanda. Rwanda, et à la politique qu’a mené la Belgique pour administrer le territoire avant son indépendance, de nombreux Tutsi partirent en exil pour fuir les massacres et furent perçus comme une menace permanente par les dirigeants Hutu, qui craignaient leur désir de reconquérir le pouvoir.


Les médias au Rwanda ont joué un rôle majeur dans la perpétration du Génocide, avant même son déclenchement le 6 avril 1994. Pourquoi ont-ils agi ainsi alors qu’ils savaient la portée d’un message pousse-au-crime sur un peuple soumis à l’obscurantisme et à l’arbitraire du pouvoir central depuis des siècles. L’auteur – lui-même issu du monde journalistique – survole l’Histoire du « Pays des 1000 collines », d’abord sous la houlette du roi local (mwami) et de sa Cour, ensuite sous la « tutelle » coloniale belge, puis sous les deux premières « Républiques ». La tradition du « non-dit », du respect sacré et de l’obéissance aveugle à toute autorité, pourraient expliquer l’incompréhensible, mais il y a aussi la déréliction des populations et la rumeur – en vigueur dans toute dictature -, qui ont contribué à la « Saison des machettes »… Aujourd’hui, qu’en est-il de cette soumission au pouvoir de la part des élites comme des masses populaires ? Sous la férule du régime politicomilitaire FPR/APR du Général-Président Paul Kagame, les « choses » n’ont pas évolué. A tel point, qu’un autre génocide peut bien se déclencher sur ordre des autorités, dans le silence assourdissant des médias locaux voire à leur appel… Car la presse rwandaise est toujours servile.
La liberté de pensée et d’opinion se gagne à travers des luttes quotidiennes, faute de quoi au Rwanda les journalistes resteront encore longtemps les propagandistes de l’Etat quelles qu’en soient les tares.

Le retour armé des exilés Tutsi, organisés au sein du FPR, en octobre 1990 marquant le début de la guerre civile rwandaise, va déclencher sur ce terreau historique et culturel l’idée puis la montée en puissance d’une idéologie anti-Tutsi. Radio Télévision Libre des Mille Collines, sont autant d’éléments, parmi beaucoup d’autres, qui montrent une commune inspiration et l’expression d’un objectif : se débarrasser des Tutsi. Avant la colonisation, et aujourd’hui encore, tous les Rwandais parlent la même langue, ce qui est peu fréquent dans les pays d’Afrique, ont la même foi traditionnelle en un dieu unique, Imana, la même culture et vivent ensemble sur les collines. Ils se marient parfois entre eux et continueront à le faire par la suite, malgré les pressions politiques existant depuis les indépendances. Ne relevant ni des ethnies, ni des classes sociales, la distinction entre Hutus et Tutsis correspond à des groupes structurés à partir de leur activité.

L’ethnisme au Rwanda apparaît donc comme une  évidence idéologique  de  racialiser  la perception de la société et de la diviser d’une manière qui servit ensuite de levier pour justifier les massacres. L’ethnisme au Rwanda date du temps du colonisateur allemand, puis belge. Ce dernier, après avoir battu les troupes de l’Allemagne impériale à Tabora, reçoit de la Société des Nations le mandat de gérer le Rwanda dans la structure créée par l’Allemagne. Des observateurs ont aussi vu dans le problème rwandais une réplique induite du conflit linguistique belge. Il est indéniable que les Wallons, qui étaient majoritaires au début au Rwanda, et les Flamands continueront sur le sol Rwandais leurs luttes idéologiques et d’influence. L’Église catholique, belge et suisse surtout, plus influente peut être que dans aucun autre pays, avait consacré le Rwanda au  Christ roi .

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