Quand les santons entrent au musée : La collection de Jean-Amédée Gibert (Marseille, 1919) PDF

La tradition de la crèche de Noël trouve son origine au Moyen Âge. Cette  crèche vivante  a donné naissance à une tradition qui s’est perpétuée, mais les  acteurs  ont été très largement remplacés par des personnages quand les santons entrent au musée : La collection de Jean-Amédée Gibert (Marseille, 1919) PDF bois, en cire, en carton pâte, en faïence et même en verre. La première crèche connue fut celle créée à Marseille, en 1775, par un dénommé Laurent.


Elle était constituée de mannequins articulés vêtus de costumes locaux. Après la Révolution française qui a entraîné la fermeture des églises et la suppression de la messe de minuit, les représentations publiques de la nativité furent discontinues. En 1803, peu après le Concordat, la première foire aux santons fut inaugurée à Marseille. Les premiers santons étaient confectionnés en mie de pain, mais petit à petit c’est l’argile rouge de Provence qui a été privilégiée pour la fabrication. Les santonniers passent par sept étapes pour réaliser un santon.

Ils réalisent, tout d’abord, un modèle dans l’argile crue placé sur un socle qui fera partie du sujet. Ensuite a lieu la fabrication du moule coulé en plâtre. Le moulage se fait en pressant un colombin d’argile fraîche dans une moitié du moule qui a été talqué. Après une pression à la main des deux parties, le surplus est ébarbé et le santon sorti du moule est mis à sécher. La fabrication des santons s’est diversifiée. On en fabrique des grands de plus de 10 centimètres dont les bras sont collés après la cuisson et d’autres en fil de fer habillés de tissus dont seuls les mains et la tête sont en argile. La fabrication des santons qui sont habillés étaient à l’origine confiés à des familles qui confectionnaient leurs vêtements.

Jean-Louis Lagnel a eu l’idée de construire les moules en prenant comme modèles ses propres voisins qui exerçaient différents métiers : ainsi les santons sont traditionnellement vêtus dans la mode populaire sous Louis-Philippe. Dans la crèche provençale, il y a différents groupes de santons qui complètent les personnages habituels de la crèche classique. Ils se divisent en quatre catégories. L’âne et le bœuf sont incontournables dans la crèche provençale.

Dans l’étable, ils regardent le nouveau-né et le réchauffent de leur souffle. Jean-Paul Clébert rappelle que cette cérémonie de l’offrande de l’agneau est toujours vivante lors de certaines messes de minuit en Provence, en particulier à Séguret et aux Baux. Jugé empreint de paganisme, il fut interdit par le concile de Narbonne, en 1609, puis par l’archevêque d’Arles, en 1612. Parallèlement à ces animaux traditionnels, la crèche provençale s’ouvre aussi à d’autres animaux : le chien du berger ou du chasseur, les poules et coqs de la basse-cour, l’âne qui porte la farine du meunier, etc. L’ange est le messager de la naissance de l’enfant Jésus. Le plus célèbre est l’ange Boufarèu, celui qui souffle, il tient une trompette et guide les bergers vers la crèche.

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