Revue Terrain, numéro 24 : La fabrication des saints PDF

Les treize desserts, ou calenos, présentés à la fin du gros souper servi lors de la vigile de la fête de Noël font partie de la tradition provençale, tradition ancienne pour ce qui est des desserts et assez jeune en ce qui concerne le nombre treize. Il retient les fruits frais ou secs et la pompe à l’huile qui  régalent les gens les deux derniers revue Terrain, numéro 24 : La fabrication des saints PDF  avant Noël. Entre 1783 et 1787, Laurent Pierre Bérenger, rédige ses Soirées provençales ou Lettres de M.


Bérenger écrites à ses amis pendant ses voyages dans sa patrie. Il consacre un chapitre aux desserts de Noël dont il dresse un inventaire. Aubin-Louis Millin de Grandmaison quitte Paris pour entreprendre un Voyage dans les départements du Midi de la France. Il fait publier son ouvrage en 1808 et décrit une fête de Noël qu’il a passée à Marseille. Dans les années 1820, le préfet Christophe de Villeneuve-Bargemon fait dresser la Statistique du département des Bouches-du-Rhône. Un de ses buts est de répertorier les us et coutumes du département. Pour la première fois, il y est fait nominativement allusion au gros soupé et aux calenos.

Disciple de Mistral, qui ne cite jamais le chiffre treize mais évoque les friandises exquises de la veillée de Noël, l’année même de la fondation du Félibrige, François Mazuy rédige des chroniques sur les coutumes marseillaises. Il convient d’ailleurs qu’à Marseille le rituel des fêtes calendales est resté vivace à travers le gros souper et ses desserts qu’il énumère. Pour la première fois ceux-ci étaient quantifiés. Noëls de jadis demeure à la mode en Provence. Mais des regards neufs restent sidérés par la profusion des desserts de Noël. C’est le cas, en 1903, de Thomas A. Janvier, citoyen américain, qui publie The Christmas Kalends of Provence.

Suivent les noisettes, les pistaches, et le raisin muscat. La liste s’allonge avec les grappes de clairette, les pots de confiture, l’eau de coing, les châtaignes au vin cuit. Elle est bien établie en 1946. Tounin Virolaste, chroniqueur de l’Armana prouvençau, rappelant qu’au Museon Arlaten, Frédéric Mistral n’en avait fait mettre qu’onze sur la table du gros souper, il indique :  Dans le Comtat Venaissin, le peuple veut qu’il y en ait treize, et sûrement dans d’autres endroits aussi. Plus que la symbolique du nombre 13, qui leur a forgé leur identité provençale, les desserts du gros souper se rattachent à une tradition d’opulence commune à d’autres sociétés méditerranéennes. Il en est de même chez les Grecs d’Égypte au cours des fêtes marquant le changement d’année. La Catalogne célèbre Noël dans l’abondance avec touron, fruits secs, pâtisseries à base de pâte d’amande, de miel et d’épices.

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