Un siècle de création musicale aux Etats-Unis : Histoire sociale des productions les plus originales du monde musical américain, de Charles Ives au minimalisme (1890-1990) PDF

Les premières traces de musique interprétées par les colons sur le sol américain sont des cantiques et des psaumes religieux d’origine protestants entendus dès les un siècle de création musicale aux Etats-Unis : Histoire sociale des productions les plus originales du monde musical américain, de Charles Ives au minimalisme (1890-1990) PDF 1570 en Caroline du Nord et en Californie. Dans les colonies du sud on joue les musiques inspirées de danses françaises et anglaises. En 1712 est publié l’Introduction au chant des psaumes de John Tufts, premier recueil contenant des musiques composées en Amérique.


Cette histoire de la musique américaine replace les différents
courants et genres musicaux dans leur contexte économique et
social. Elle ne se limite pas aux compositeurs, de Charles Ives
à John Adams, mais inclut les différentes formes de musique
populaire, depuis la chanson engagée jusqu’au jazz, en passant
par les comédies musicales de Broadway. Laurent Denave
analyse les tensions entre une sphère savante tôt divisée entre
des créateurs originaux et des compositeurs conservateurs ou
académiques, et une sphère populaire dominée par les critères
commerciaux et davantage faite pour le peuple que par lui.
Que ces critères commerciaux s’introduisent à l’intérieur de la
musique savante, c’est précisément ce que l’auteur montre à
travers différents exemples historiques, qui conduisent à la
musique répétitive, assimilée ici à la révolution conservatrice
qui eut lieu sur le plan politique. Laurent Denave souligne à
quel point le critère de la modernité musicale aux Etats-Unis
est lié à la capacité d’autonomie des compositeurs et comment,
à partir de la figure isolée de Charles Ives, qui fonda sa propre
compagnie d’assurances et composa durant son temps libre,
cette autonomie a tenté de se structurer socialement à travers
différentes institutions, dont l’Université a finalement été l’une
des plus importantes. Mais il montre aussi comment cette
modernité a été tout au long du siècle aux prises avec les
diverses formes de conservatisme et de populisme, ainsi
qu’avec les intérêts commerciaux de l’industrie musicale.
L’analyse sociologique des conditions mêmes de la musique
savante fait apparaître l’exclusion de certaines catégories
sociales. Fondé sur une documentation impressionnante, écrit
d’une plume alerte et vivante, cet ouvrage nous permet de
traverser de façon originale une histoire encore mal connue, et
jamais présentée ainsi dans son ensemble dans un ouvrage
français.

Il fut également directeur musical du théâtre de Philadelphie. Le londonien James Hewitt compose le premier opéra sur le sol américain en 1794, intitulé Tammany, et se fait connaître avec la sonate pour piano intitulée La bataille de Trenton, dédiée au président Washington. Le domaine lyrique connaît ses premières œuvres composées par des Américains dont le langage est encore influencé par l’opéra italien. Les États-Unis reprennent aussi le langage musical de l’école germanique, plusieurs compositeurs comme John Knowles Paine se forment en Allemagne. L’organiste Dudley Buck compose des oratorios inspiré par le Wagnérisme. Le 23 octobre 1883 est inauguré le Metropolitan Opera de New York. Sa musique de style post-romantique emprunte à la musique des indiens d’Amérique et au folklore irlandais.

La première moitié du siècle est principalement représentée par les figures de Charles Ives, Georges Gershwin et Aaron Copland qui symbolisent trois styles différents mais ayant en commun d’être spécifiquement américains. Charles Ives est considéré comme le père de la musique américaine moderne, le premier compositeur à avoir utilisé un langage spécifiquement américain dans sa musique, mais son isolement ne le fera reconnaître par le milieu musical américain qu’en 1927 quand il rencontre le compositeur moderne Henry Cowell. Un autre musicien aura un rôle important au sein de ce groupe, le chef d’orchestre Nicolas Slonimsky, qui à la tête de l’orchestre de chambre de Boston va jouer et faire connaître la musique d’avant-garde aux États-Unis et en Europe, à Paris, Berlin ou Budapest. George Gershwin est l’un des premiers compositeurs américains à accéder à la reconnaissance en Europe, avec son jazz symphonique, genre musical introduit à partir de 1924 et dont il est le plus célèbre représentant. La communauté afro-américaine a donné plusieurs compositeurs dont le plus connu demeure William Grant Still, élève de George Chadwick et d’Edgar Varèse, qui s’inspira de la culture afro-américaine pour ses œuvres et dont la première symphonie était intitulée Afro-American Symphony. Le monde musical européen découvre la musique classique des États-Unis dans les années vingt, outre Gershwin, un autre compositeur est remarqué, George Antheil, qui s’installe à Paris et côtoie le mouvement Dada. Prix de Rome en 1935 Samuel Barber accède à la reconnaissance quand Arturo Toscanini créé son Adagio pour cordes qui en fait le plus célèbre représentant du courant néo-romantique américain.

Ce courant musical est encore représenté de nos jours par John Corigliano et le compositeur de musique de film John Williams. Comme auparavant avec Nadia Boulanger, l’enseignement d’Arnold Schoenberg est déterminant sur la musique américaine. Les jeunes compositeurs qui vont le rejoindre pour constituer l’École de New York, sont David Tudor, Morton Feldman, Christian Wolff et Earle Brown. L’une des particularités de la musique américaine est de comprendre des compositeurs dont l’écriture musicale par leur éclectisme ou leur originalité ne les rattachent à aucune école ou groupe artistique précis. Le chef d’orchestre Michael Tilson Thomas leur consacre en 2001 un festival pour présenter la diversité de leur musique.

Schoenberg, qui introduisit ce langage musical dans le pays, soit marquée par un retour à la tonalité. Après sa mort, un autre compositeur récemment naturalisé américain, Igor Stravinski va adopter cette technique musicale. Young People’s Concerts, émission qui popularise la musique classique auprès des téléspectateurs. Lukas Foss en passant par Copland, Schuman, Carter et Shuller. Comme compositeur il se situe dans la continuation du jazz symphonique de Gershwin avec ses comédies musicales On the Town et West Side story et son ballet Fancy Free, et dans le courant du symphonisme néo-classique, sous l’influence d’Aaron Copland, avec ses trois symphonies.

Au début du siècle Edgar Varèse, un compositeur français qui migre aux États-Unis en 1915, à 32 ans, s’intéresse à l’emploi d’instruments qui pouvaient produire de nouvelles sonorités. En 1946 le musicien de Jazz Raymond Scott fonde le Manhattan Research, premier studio constitués essentiellement d’instruments électronique. Ils fondent en 1958 le Columbia-Princeton Electronic Music Center le centre de recherche en musiques électroniques le plus développé à l’époque. Richard Maxfield qui travailla avec John Cage, compose des œuvres purement électroniques et s’inspire aussi de la musique concrète.

Dans la lignée des voies ouvertes par John Cage à l’expérimentation radicale, une génération de compositeurs intéressés par l’interdisciplinarité, le renouvellement du langage musical et l’utilisation de techniques non-traditionnelles émerge vers la fin des années 1960. Une autre approche, davantage centrée sur l’utilisation d’instruments de musique électronique spécifiquement conçus pour des projets précis, regroupe des compositeurs, dont plusieurs sont associés à la compagnie de danse de Merce Cunningham dont John Cage est le directeur musical. Philip Glass en 1993 à Florence. Terry Riley, puis Steve Reich, et Philip Glass construisent ensuite une musique fondée sur la répétition de courts motifs musicaux, une pulsation régulière et un retour revendiqué à la musique tonale. L’électronique et la musique sur bande vont jouer un rôle notable dans le développement de la musique minimaliste. La musique minimaliste se développe initialement loin des circuits traditionnels, les concerts se déroulant dans des galeries d’art, ou chez des particuliers, par exemple dans le loft de Yoko Ono.

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